Rando Ville hors les murs à Vienne les 16 et 24 septembre 2025 (N°252)
- Pierre LAVILLE

- 28 sept. 2025
- 9 min de lecture
Dernière mise à jour : 1 oct. 2025
Photos Pierre L.
Textes Maryse D., Pierre L.
Montage Maryse D., Pierre L.
Publication Pierre L.
Le 24 septembre 2025, une trentaine d’adhérents se sont retrouvés à la gare de Vienne pour participer à la première « rando ville hors les murs » animée par Monique et Eric. Le 16 septembre, le premier groupe a bénéficié d’une météo estivale alors que le second groupe était sous une bruine automnale (voire hivernale) mais qui toutefois n’a pas trop gêné les participants.

Un peu d’Histoire
L’étymologie du nom Vienna est d’origine Celte et signifierait « ville au bord de l’eau » ou encore « rive inondable, marais ».
Les premières traces d’habitation datent du néolithique, entre 4 500 et 3 000 avant JC. Des celtes se sont installés sur le site au Vè siècle avant JC et la tribu des Allobroges (les gens venus d’ailleurs) en fait sa capitale, au croisement du Rhône et des voies menant aux cols des Alpes et au Massif Central.
Pendant la guerre des Gaules, Vienne est fidèle à Jules César, mais après l’assassinat de l’Empereur en 43 avant JC, les vétérans romains sont chassés de la ville et vont fonder plus au nord la cité de Lugdunum, sous la direction de Lucius Munatius Plancus. Mais les romains vont se réinstaller à Vienne. Au 1er siècle après JC, elle est entourée d’une muraille de 7,2 km de long. La ville était dotée d’un forum, d’un théâtre et d’un odéon, d’un hippodrome, de thermes, d’un temple… Elle rivalisait avec sa voisine Lugdunum. Les fouilles ont débuté dès le XVIè siècle pour découvrir et mettre en valeur les vestiges.
Au moyen âge, elle fait partie du royaume de Bourgogne, rattachée au saint Empire Romain Germanique, jusqu’en 1450 où le comté de Vienne est rattaché au royaume de France.
La Pyramide
Ce monument, imitant l'obélisque égyptien du Circus Maximus, demeure pour Vienne un édifice emblématique.
Préservé au cours des siècles, il témoigne de la présence d'un cirque romain, lequel servait notamment aux courses de chars sous l'antiquité. Elle mesure presque 20 mètres de haut et décorait le cirque où se déroulaient les courses hippiques.
Non loin de là, le célèbre restaurant « La Pyramide » ex-restaurant de « Fernand Point », un des premiers restaurateurs à avoir obtenu 3 étoiles au guide Michelin et qui eut pour élèves Paul Bocuse, les frères Troisgros et Alain Chapel.
« Fernand Point est un « géant » d'1,92 m, de 165 kg et de 169 cm de tour de taille, surnommé magnum car il a l'habitude de boire un magnum de champagne par jour. »

Le jardin de ville
Nous traversons le Jardin de Ville avec ses beaux massifs et ses sculptures, que nous retrouverons pour le pique-nique.
La création du jardin public, entre 1895 et 1897, répond aux vœux de la population viennoise de disposer d'un lieu de promenade agrémenté de pièces d'eau, de massifs floraux et d'arbres exotiques. À l'occasion de cet aménagement, une voie romaine bordée d'un trottoir est découverte, en 1895. Cette rue conduisait aux annexes nord des grands entrepôts qui furent construits sur les berges du Rhône au 1er siècle.





Une petite halte au pavillon du tourisme de Vienne où l’on peut admirer l’exposition des différents Côtes du Rhône.

L’église Saint Pierre
L’église Saint-Pierre , construite sur un petit oratoire gallo-romain, à l’intérieur du périmètre des fortifications romaines, ancienne abbatiale est l’une des plus anciennes églises de France encore debout. Il en reste le plan basilical et la nef charpentée, le clocher-porche rajouté à l’époque romane au 12 ème siècle et beaucoup de réemploi de blocs romains… Elle-même a servi longtemps de basilique funéraire abritant les sépultures d’évêques comme Mamert (un des 3 saints de glace qui inventa les processions des Rogations). Transformée en musée municipal en 1809…par Pierre Schneyder qui donne sa collection archéologique à la ville. Classée Monument Historique en 1862, Musée lapidaire depuis 1872 avec des mosaïques et des sculptures antiques (buste d’Auguste…) à l’intérieur. Comme nous l’a précisé Monique, nous sommes dans le Midi … (pas flagrant le 24 septembre …). Le nom de ce cours provient de la famille Romestang ayant donné des terres à l’Archevêché de Vienne.
C’était une plaine qui sera aménagée au 18ème en promenade avec des marronniers, en 1770 elle sera transformée en avenue fermée au sud par une nouvelle porte. Les remparts seront démolis au début XIX ème siècle.
Place de Miremont : à la Révolution mise en vente des biens de l’Eglise et mise en réserve des terrains…
En 1824 le Maire Teyssère de Miremont fait construire une halle aux grains qui sera transformée en marché couvert puis sera surélevée pour accueillir la bibliothèque municipale et le musée des Beaux-arts et d’archéologie en 1895.

Le Jardin de Cybèle
Le site renferme les vestiges complexes d'un quartier de la ville gallo-romaine, répartis en trois ensembles authentifiables :
Arcades d'un portique bordant l'aire du forum. Ces 2 arcades forment l’angle sud-est du forum
Gradins pouvant accueillir 800 personnes formant une salle d’assemblée
Quartier d'habitation avec, encore identifiables, des maisons et des terrasses aménagées


Place du Pilori
La demeure en pierre date des XVème – XVIème siècles. Au moyen Age, la maison jouxtait au sud le quartier occupé par les chanoines de la cathédrale et l’hospice et à l’ouest le marché et la halle au blé. A côté, les délinquants condamnés étaient exposés et suppliciés au pilori.

Fresque Murale
Peinte en 1994 par la Cité de la Création. Située sur le mur du Théâtre de Vienne, la fresque représente des célébrités de passage à Vienne dans un fond inspiré d’un tableau d’EtienneRey : Molière, Berlioz, Miles Davis, Ella Fitzgerald, Laurent Mourguet, Pierre Schneyder.

Théâtre Antique
Il date des années 40-50 après JC. Il pouvait accueillir 11 000 spectateurs. C’est un espace clos, avec un mur de scène et en haut un couloir semi-circulaire et un petit temple. La colline de Pipet située au-dessus est une esplanade sacrée.
Abandonné au IVème siècle, il a servi de carrière. La présence de vestiges est remarquée entre les XVIIème et XIXè siècle. Il a été fouillé et restauré à partir de 1908 et accueille son 1er spectacle moderne en 1938, un opéra de Berlioz. Et depuis 1981 il abrite « Jazz à Vienne ».
L’Odéon date du IIème siècle. Il accueillait jusqu’à 3 000 spectateurs pour des spectacles de musique et de poésie. En Gaule, seules Lugdunum et Vienna possèdent un Odéon.

Mont Pipet
En montant au Mont Pipet (la difficulté du jour)
La rue de Pipet qui y monte est l’ancienne voie gauloise vers l’est et le haut est aménagé par les Romains en plate-forme avec d’importants murs de soutènement encore visibles : cette aire sacrée, le théâtre et le forum avec ses temples, constituaient un axe monumental.

Plus tard avec les rois de Bourgogne, il sera transformé en place forte, forteresse avec un donjon carré et remis à l’Eglise de Vienne en 1023… A partir de 1285 il appartiendra aux chanoines de la cathédrale alors que le château de la Bâtie (XIII°s) sur le Mont Salomon de l’autre côté, appartient à l’archevêque.
En 1633 Richelieu fait détruire toutes les places fortes du Dauphiné, Pipet et la Bâtie sont démolis.
En 1858 installation d’une statue de la Vierge en pierre de Volvic par Flevier et en 1873 construction de la chapelle en honneur du pèlerinage ND de la Salette (apparitions en 1846).

Depuis le belvédère de Pipet, superbes points de vue sur Vienne et le Rhône.

La Vierge et son voisin le Katchkar.
« Depuis le 3 juin 2007, un khatchkar se dresse sur le site, un emplacement idéal accordé sans hésitation par son propriétaire, l’Association des amis et missionnaires de La Salette.
Un khatchkar, « pierre à croix », est une « stèle de forme arquée ou rectangulaire sculptée d’une ou de plusieurs croix accompagnées souvent d’un décor ornemental, parfois de figures humaines et d’inscriptions ».
Spécificité de l’art arménien, il était autrefois présent sur tout le territoire de l’Arménie historique et est aujourd’hui particulièrement préservé en Arménie et au Haut-Karabagh. » (Source Wikipédia)

Quelques vitraux dans la chapelle

Une inscription trouvée au Mont Pipet.

Château de la Bâtie
Construit au 13°s par l’archevêque Jean de Bernin, sur le Mont Salomon, emplacement plus sûr que le palais épiscopal près de la cathédrale : l’archevêque, comte de la ville depuis 1033, n’a pas la possession des anciens châteaux, aux mains des chanoines.

Eglise Saint André Le Haut
Ancienne abbaye appelée couvent des Nobles Dames fondée au 6ème siècle par le couple Ansemond et Ansleubana au pied de Pipet et non loin du Théâtre romain.
Place Jouvenet on voit la façade et les 2 travées romanes du 12° ; les 3 travées à l’est gothiques sont visibles depuis le cimetière. Elle a connu plusieurs occupations successives par des congrégations religieuses mais le Baron des Adrets démolit tout en 1562. Au 16° l’église abbatiale devient église paroissiale et on construit le cloître actuel et la cour d’honneur (rue des ursulines)
Bâtiments vendus à la Révolution découpés en 6 lots, avec quelques éléments rajoutés dans le cloître et ce qui est la « cour de l’Ambulance » (le couvent devient hôpital pendant la révolution et les guerres napoléoniennes) et les jardins transformés en cimetière.


Vallée de la Gère
A l’époque romaine, la vallée de la Gère est un quartier urbanisé le long de la voie des Alpes. Des aménagements hydrauliques et des ateliers sont présents tout au long de la vallée. L’artisanat reste bien présent pendant le Moyen âge.
Les quais de la Gère sont construits au XVIème siècle pour sécuriser en cas de crue de la rivière. La confluence entre la Gère et le Rhône est recouverte en 1967, place Saint Louis.

Un pont du 16ème siècle sur la Gère


Eglise Saint André le Bas
Fondée au VIème siècle, l'abbaye de Saint-André-le-Bas était l'un des monastères les plus importants du diocèse de Vienne durant le Moyen-Age.
L'église du monastère devient chapelle du palais des rois de Bourgogne à la fin du IXe siècle. Le monastère adopte la règle bénédictine à la fin du Xe siècle. Attirant les donations, il devient l'abbaye la plus puissante de la ville, derrière l'Abbaye Saint-Pierre de Vienne. Au XIIIe siècle, le quartier dans lequel elle est implantée, appelé la Grande Paroisse joue un rôle particulier dans la ville : d'une part, la population juive y est nombreuse, d'autre part, les premières réunions des consuls de la ville se tiennent fréquemment à proximité de l'abbatiale. Au XVIIIe siècle, la vie monastique s’arrête à la veille de la Révolution française. L'église abbatiale devient paroissiale et les bâtiments conventuels sont vendus et partiellement démembrés.
L’église est classée au titre des monuments historiques depuis 1840 et l’abbaye depuis 1954.

Rue de L’Eperon - Rue Marchande
Ancienne Place de Modène : en remontant la rue Marchande (Mercière à Lyon, autrement dit, commerçante) on trouve cette place : remarquer l’immeuble de l’angle aux ferronneries 18° sur les balcons et des symboles maçonniques.

Maison de 1561 : au N°32 : cette maison du 16° comporte une façade rythmée par des cordons horizontaux moulurés ; à droite, porte piétonne pour aller dans une cour intérieure par une allée couverte d’une voûte d’arêtes ; au premier étage (étage noble) baies, encadrées par des pilastres.

Serait-ce une traboule ?



Il ne faut pas oublier de lever les yeux …

Temple d’Auguste et Livie
La construction remonte entre l’an 20 et l’an 10 avant JC au début du règne de l’empereur Auguste. Il est au cœur du Forum et témoigne de la puissance de l’empereur auprès de la population. Il est dédicacé à l’empereur divinisé ainsi qu’à son épouse Livie. Seuls les prêtres accèdent au temple et célèbrent des cérémonies auxquelles le public assiste depuis l’extérieur. Le Forum est le centre de la vie civique, administrative et religieuse.
Le temple a été conservé car il a été transformé en église Notre Dame de La Vie. Il a été classé Monument Historique en 1840 et restauré entre 1852 et 1880. C’est le seul temple restant en France avec la Maison Carrée de Nîmes.

Non loin de là, la tour du palais de justice.

Cathédrale Saint Maurice
Mentionnée dès 314 et construite en 1107 en mollasse du Dauphiné, pierre blanche, sous-bassement en blocs romains, romane et gothique : travaux du 12° au 16° et destruction des statues de la façade par le Baron des Adrets. Classée en 1840 Monument Historique
On dit « ancienne cathédrale » car en 1790 elle est supplantée par Grenoble et devient simple église paroissiale. Aujourd’hui : co-cathédrale du diocèse de Grenoble-Vienne, elle mesure 90 m de long, 33 m de haut, 33m de large ; 15000 places possibles.
St Maurice : martyr en 303 sous Dioclétien, soldat copte romain dirigeant une légion, obligé avec sa légion de tuer tous les habitants de Martigny, car ils refusent au nom de leur foi de vénérer Auguste et sont tous mis à mort.
Dans le chœur : belle cathèdre du 13°, maître-autel avec blocs antiques. Au sol : cœur du dauphin François, fils de François 1er mort à Lyon.
En 1119, l’évêque de Vienne Gui de Bourgogne devient pape sous le nom de Calixte II.
En 1312, Le procès et la dissolution des Templiers avec Philippe le Bel, Clément V et Jacques de Molay.


Quelques détails de l’architecture extérieure




Quelques prises de vues intérieures




Les signes du Zodiaque

Les Tapisseries

Des Vitraux de la Cathédrale Saint Maurice


La tour des Valois
Au temps des gallo-romains la ville de Vienne s’étend sur les 2 rives. Vers 250 la Rive Droite est abandonnée et certaines constructions sont remplacées par des nécropoles. En 1260 les Cordeliers installent un monastère à Ste Colombe où Philippe le Bel logera en 1311-1312 lors du concile de Vienne, celui de la suppression de l’ordre des Templiers.
En 1335, Ste Colombe est incorporée au royaume de France et Philippe VI de Valois l’entoure d’un rempart et d’une tour pour surveiller le pont romain, pont qui disparait en 1651 lors d’une crue.

Musée Gallo-Romain
Le site de Saint Romain en Gal est classé au titre des monuments historiques depuis 1983. Le site est connu depuis le XVIIème siècle par la découverte de vestiges. Il est mis à jour à la fin des années 1960 où l’on découvre que c’était un vaste quartier résidentiel. Le projet de musée remonte à 1987 et il est achevé en 1996. Le site a une surface de 12 000m².
Le bâtiment est construit le long du fleuve et sur pilotis comme une structure aérienne qui épouse le plan d’une Domus romaine explorée avant sa construction. Il est transparent pour offrir une vue d’ensemble de tout le quartier de Saint Romain en Gal, du Rhône et de la ville de Vienne.


Quelques habitations remarquables


Une petite terrasse construite en bambou par un architecte bamboutier.

Ainsi se terminent ces visites de Vienne préparées et brillamment commentées par Monique E. et Eric M. que les groupes remercient.










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